OTT: Qu’est-ce que c’est?

This post will soon be available in English.  Stay tuned!

Le programme de conférences offert dans le cadre du Banff World Media Festival est tellement dense qu’il est ardu de sélectionner les séances auxquelles assister.   Pourtant, d’une session à l’autre, on voit clairement se profiler certains grands thèmes et je me promets de vous résumer ce qui semble être les enjeux de l’heure pour les acteurs du secteur canadien de la production et de la diffusion de contenus dès le festival terminé.

Il est difficile d’attendre, cependant,  avant de démystifier l’acronyme le plus populaire de l’événement: “OTT” — pour “Over-The-Top television” ou “Over-The-Top content”.  Souvent galvaudé, ce terme demeure encore nébuleux pour plusieurs.

OTT fait généralement référence à la télévision distribuée sur Internet, peu importe la technologie utilisée.  Ainsi, on y regroupe l’ensemble des services de VSD en ligne (vidéo sur demande), de terminaux numériques (tels Apple TV, Boxee ou Google TV) et les services de streaming vidéo (tels Netflix).

Comme son nom l’indique, les services OTT viennent s’insérer “par-dessus” des infrastructures de transmission existantes, que ce soit les réseaux de lignes téléphoniques, les réseaux sans-fils ou la bande passante.  Autrement dit, les services OTT ne contrôlent pas le réseau et n’ont pas à payer pour son développement et son entretien, mais ils l’utilisent pour livrer leurs services.

Lors de la présentation du panel Canadian Media Leaders: State of the Nation qui réunissait les hauts dirigeants des principaux câblodistributeurs et radiodiffuseurs venus discuter de l’écosystème de diffusion de contenus média au Canada, les problématiques liées aux services OTT ont été au centre du débat.  L’évolution rapide des offres OTT, plus particulièrement depuis l’arrivée en septembre 2010 de Netflix au Canada, inquiète beaucoup les câblodistributeurs et les radiodiffuseurs:

  • Câblos et télédiffuseurs ont rappelé être assujettis à un système hautement réglementé alors que ces nouveaux joueurs agissent en diffuseurs sans être soumis aux mêmes obligations;
  • Si certains considèrent que la solution réside en une plus stricte réglementation afin de niveller le marché de manière équitable, d’autres considèrent que des solutions commerciales peuvent exister (telles l’imposition de “fees for carriage” (redevances) à ces néo-diffuseurs);
  • Câblos et radiodiffuseurs investissent dans le contenu canadien en amont de la production de contenus, alors que les services OTT profitent des librairies de contenus canadiens sans contribuer en retour à la création de nouvelles productions.

Ces doléances ont amené une coalition de l’industrie à saisir le CRTC sur ces questions au mois d’avril 2011.
La question de l’avancement de cet épineux dossier a pu être posée directement au président du CRTC dans le cadre de son annuel petit-déjeuner à Banff.     Un public attentif a pu entendre Konrad von Finckenstein déclarer que la réglementation des services OTT n’était pas considérée dans l’immédiat, mais qu’il était évident que l’environnement de diffusion en ligne avait évolué de manière considérable au cours des dernières années et qu’il était aujourd’hui essentiel de surveiller de près la nature de ces phénomènes et leur impact sur le système de radiodiffusion canadien.      À ce sujet, le CRTC a d’ailleurs émis le 25 mai dernier l’Avis de consultation de radiodiffusion et de télécom CRTC 2011-344

Le Conseil estime que l’évolution du système de radiodiffusion et des développements afférents dans les télécommunications, combinés à l’accélération du rythme des changements, justifient d’entreprendre l’étude de la nature de ces changements et de leur incidence sur le système canadien de radiodiffusion.

Dans le présent avis, le Conseil amorce une Cueillette d’informations afin d’offrir aux parties l’occasion de fournir de l’information quant aux répercussions de la programmation alternative croissante sur le système canadien de radiodiffusion, ainsi que de les commenter. Le Conseil tiendra compte des observations déposées au plus tard le 27 juin 2011.

En conclusion,  Von Finckenstein a rajouté : “Tout notre système de radiodiffusion est bâti sur le concept de l’accès au réseau. À ce jour, nous sommes ceux qui octroyons les licences et donnons accès au réseau de diffusion (radiodiffusion et télécommunications).  Mais l’environnement numérique actuel nous amène à réfléchir au système dans son ensemble.”

Bref, retenez bien un des mots-clé de cette année: “OTT”.  S’il s’agit pour l’instant d’une opportunité de marché pour les producteurs de contenus qui trouvent chez ces joueurs d’enthousiastes acheteurs, plusieurs s’inquiètent de l’impact qu’auront ces nouveaux venus sur l’équilibre de la compétition dans le contexte particulier de notre système et sur la vitalité de la production de contenus canadiens.

Catalina Briceno | Directrice, veille stratégique.

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